Indicateur de régénération FAP des véhicules diésel


Implantation au tableau de bord d'un affichage par LED des phases de régénération du moteur diesel SUZUKI 1.6 DDIS d'origine FIAT .

(Projet mené conjointement par Rolly6 et Berny4631 - Juillet 2021)

I - Formulation du besoin

(Rédigé par Rolly6)

Le calculateur moteur déclenche ponctuellement une régénération du filtre à particules (FAP) afin d'en éviter le colmatage.

Ce cycle totalement transparent pour l'utilisateur, est déclenché par l'analyse de divers critères tels que pourcentage de colmatage, température moteur, régime moteur, etc.., gérés par le calculateur (ECM).

Il consiste en une injection supplémentaire de carburant qui provoque une élévation de température dans l'échappement (environ 600°C) qui brûle les suies résiduelles contenues dans le FAP, et ainsi le nettoie. C'est une sorte de "décalaminage".

L'inconvénient de ce dispositif est qu'il peut être interrompu brutalement avant son terme par le conducteur, sans que celui-ci ne s'en aperçoive puisqu'il n'y pas de témoin au tableau de bord, dans le cas d'un stationnement avec coupure immédiate du moteur par exemple.Si cette situation se reproduit, elle peut provoquer un colmatage important qui impose dans ce cas une régénération "forcée" exigée par le calculateur moteur avec cette fois un message d'alerte en orange sur l'afficheur du combiné instruments demandant de rouler une vingtaine de minutes pour corriger le problème.

Le calculateur moteur module la quantité de carburant injectée et la durée du cycle en fonction de l'encrassement du FAP, et la régénération "forcée" amène à un second inconvénient majeur :

Une régénération trop longue ou trop élevée en température peut provoquer à terme une dilution de l'huile moteur, voire une élévation de son niveau, deux facteurs dangereux pour la bonne santé du moteur.

Ce sont toutes ces raisons qui ont provoqué l'expression d'un besoin de visualisation de ce cycle.

Remarque :

La visualisation objet du présent article est décrite pour être installée dans un Vitara LY, mais la grande adaptabilité de ce dispositif prévue par son logiciel fait que celui-ci peut être très facilement intégré dans toutes sortes de véhicules.

II - Solution retenue

(Rédigé par Rolly6)

L'idée est d'analyser la température dans l'échappement aux environs du FAP pour déterminer les phases de régénération en cours.

L'échappement du Vitara diesel comporte en sortie de turbo un catalyseur suivi d'un FAP, le tout contrôlé par 3 sondes de température de type CTP situées en sortie de turbo (n°1), entre le catalyseur et le FAP (n°2) et en sortie de FAP (n°3).

Pour ne pas toucher au faisceau moteur, il a été décidé de faire un "repiquage" sur les 2 fils d'une sonde avant son connecteur, ce qui n'impacte que la sonde en question.

Le choix de la sonde à "capter" a été déterminé par l'accessibilité de son connecteur ; celui de la sonde n° 2 étant difficilement accessible, et celui de la sonde n° 1 étant au-dessus du moteur (donc soumise à vibrations et fortes températures), c'est la sonde n° 3 (sortie FAP) qui a été retenue. Son connecteur étant, de plus, fixé sur la face avant de la carrosserie du véhicule comme le montrent les photos.

III - Installation

(Rédigé par Rolly6)

L'installation consiste, à se raccorder à la sonde, à alimenter le module Arduino, et à alimenter la LED fixée au tableau de bord.

3 - 1 - Raccordement de la sonde

Un câble silicone à 2 fils, fixé par des colliers nylon "rilsan", a été tiré depuis une épissure sur ceux situés avant le connecteur de la sonde n° 3 vers le tableau de bord en passant le long de faisceaux électriques existants dans le compartiment moteur, puis à travers le tablier derrière le filtre à air (à démonter), avec le gros faisceau principal.

Pour faciliter un éventuel démontage, un connecteur étanche à 2 pins a été installé à environ 20 cm après l'épissure.

Il n'y a pas de polarité pour raccorder les 2 fils de la sonde au module Arduino (la mesure est faite en mode différentiel et en valeur absolue).

3 - 2 - Alimentation du module Arduino

Le module Arduino est alimenté par un 12 V contact et la masse (0 V).

Le 12V est repiqué sur le tableau des fusibles de l'habitacle, situé sur le montant gauche sous la prise OBD, et raccordé à l'aide d'un adaptateur fusible spécifique.

La masse sera repiquée sur une partie métallique de la voiture, ou sur un fil de masse à proximité.

3 - 3 - LED de visualisation

La LED est raccordé au module Arduino par 2 fils, dont il faut bien sûr respecter la polarisation !

Sur mon Vitara la LED est installée sur l'afficheur digital X95 qui remplace l'horloge d'origine, au centre du tableau de bord.

3 - 4 - Repiquage provisoire pour les mesures préliminaires

Nous verrons ultérieurement que plusieurs paramètres logiciels doivent être réglés pour avoir un fonctionnement satisfaisant du dispositif, et en particulier il faut connaitre les seuils qui bornent la plage des tensions, en phase de régénération.

Les valeurs de ces seuils peuvent varier pour un même modèle de voiture en raison des dispersions sur les composants, et à fortiori on aura des valeurs différentes si on choisit une autre sonde, ou si l'on destine ce montage à un autre véhicule.

A moins de trouver un stratagème pour déclencher des régénérations à volonté, ces mesures sont difficiles à réaliser ...

Pour cette raison, de façon provisoire, il est pratique de disposer de 2 fils en provenance de la sonde sur lesquels on pourra brancher un voltmètre, pour relever les tensions en phase de régénération, et aussi en fonctionnement normal.

En roulant, un opérateur autre que le conducteur est bien sûr indispensable !

3 - 5 - Installation définitive du module

Au final, le module sera installé dans un boitier de protection (ici un tube de médicaments), les dominos seront supprimés, les fils seront soudés, et l'ensemble sera fixé dans le tableau de bord, derrière la rangée d'interrupteurs situés à gauche du volant.

IV - Module Arduino Nano

4 - 1 - Historique des modes de visualisation envisagés

(lecture facultative)

La simplicité a été recherchée, et l'implantation d'une simple LED monochrome sur le tableau de bord a été retenue.

Pour avoir des informations pertinentes à partir de cette simple LED, on a imaginé, et essayé tour à tour plusieurs solutions tout au long de ce projet :

4 - 1 - 1 - Première solution essayée, détecter la montée, le palier, et la descente de température

Dans ce cas la visualisation était la suivante :

  • LED éteinte : Pas de régénération en cours.
  • Clignotement rapide : Etablissement de la phase de régénération (montée en température).
  • LED allumée : Pleine phase de régénération (température du FAP stabilisée).
  • Clignotement Lent : Fin de phase de régénération ( baisse de la température FAP).

Cette version fonctionnait assez bien,

  • mais la temporisation nécessaire pour l'observation de variations rendait le système assez peu réactif,

  • et surtout, les clignotements ne donnaient aucune information sur le niveau de température du FAP, et donc sur l'état d'avancement des différentes phases.

4 - 1 - 2 - Clignotement en fonction de la température

Dans cette 2ème version, en fait plus simple, la logique était la suivante :

  • LED éteinte : Pas de régénération en cours.
  • LED Clignotante : La fréquence de clignotement est fonction de la température
  • LED allumée : La température maximale de régénération est atteinte

Que ce soit en montée ou en descente de température, quand on est dans la plage de régénération le clignotement de la LED informe sur la température du FAP.

Cette version requiert un second seuil (seuil Haut) placé juste au-dessous de la température de régénération maximale.

Théoriquement, on ne perd pas les informations de croissance et de décroissance de la température en observant les variations de fréquence du clignotement.

Cependant, en conduisant, cette variation est en pratique difficile à apprécier, en particulier à température élevée où les clignotements rapides sont peu différentiables.

4 - 1 - 3 - Codage numérique

Pour l'anecdote, pour palier le problème précédent, j'ai proposé un logiciel qui faisait un codage rudimentaire de la température du FAP.

La plage comprise entre les seuils Bas et Haut était découpée en 4 plages codées par des trains d'impulsions (1 à 4), espacés par des temps de latence de 1s.

Pour 1 impulsion la température était juste au dessus du seuil, et à 4 impulsions on était juste au dessous de la température maximale.

Cette version jugée, à juste raison, trop prégnante en situation de conduite, n'a pas été essayée sur véhicule.

4 - 1 - 4 - Différenciation des phases de montée et de descente de la température

Le but de cette version était toujours de mieux différentier les phases de montée et de descente de la température.

Pour ce faire, l'idée était de conserver un clignotement proportionnel à la montée, et d'avoir un clignotement totalement différent à la descente (par exemple lent et fixe).

Cette idée n'était peut être pas mauvaise, mais elle s'est heurtée à des difficultés pratiques causées par plusieurs facteurs :

  • Plage utile des tensions très faible : environ 190 mV,

  • Peu d'échantillons sur cette plage : environ 38,

  • Durées assez brèves des phases de variation de température.

Les imprécisions engendrés par ces paramètres, et les lectures trop rapprochées (environ 150 ms) donnait un état erratique de la visualisation , et il aurait fallu temporiser les lectures (comme dans la première version) pour obtenir une visualisation stable (mais moins réactive ...).

4 - 2 - Visualisation finalement retenue

Forts des expériences précédentes nous avons convenu que la fréquence de clignotement en fonction de la température était incontournable, du fait de la plus grande pertinence et complétude de l'information :

  • Perception de la température par la fréquence du clignotement.

  • Perception de la tendance par la variation de cette fréquence.

Mais on a constaté qu'il y avait lieu d'améliorer l'effet visuel de différentiation des clignotement pour mieux appréhender la température du FAP.

En particulier les clignotements rapides aux températures hautes étaient peu différentiables pour savoir si on était dans une phase de croissance ou de décroissance de la température.

Comme dans les précédentes versions la fréquence de clignotement était une fonction linéaire de la tension, l'idée a donc été de remplacer cette fonction par une fonction polynomiale de degré paramétrable (> à 1) pour "incurver" plus ou moins la courbe.

Le but est de favoriser la différentiation de clignotement aux températures élevées en augmentant les écarts de fréquences de clignotement, pour de mêmes écarts de tension.

Evidemment ceci se fait au détriment de la différenciation aux températures basses, mais on perçoit mieux les variations des clignotements lents que rapides.

Une autre amélioration visuelle a été de remplacer le clignotement initial à fréquence variable et à rapport cyclique fixe, par des impulsions identiques (donc de durée fixe), espacées d'un laps de temps variable.

Pour récapituler, le fonctionnement de cette version qui a été définitivement adoptée est le suivant :

  • LED éteinte : on est en dessous du seuil bas de régénération

  • LED clignotante : On est entre le seuil bas et le seuil haut , et la fréquence de clignotement de la LED croit avec la température du FAP.

  • LED éclairée fixe : On est au dessus du seuil Haut (qui normalement est réglé légèrement au dessous de la température nominale quand la régénération est établie).

Remarque :

En pratique le seuil haut peut être réglé légèrement au-dessus de la température haute de régénération, on saura quand même que la température est élevée grâce à la fréquence rapide du clignotement.

Un allumage permanent indiquera alors que la température habituelle de régénération a été dépassée (et on pourra éventuellement juger des circonstances et des causes de ce dépassement ...)

En plus des informations essentielles décrites précédemment, la LED fournit 2 autres indications :

  • Un clignotement de test à la mise sous tension, qui indique que le circuit est opérationnel.

  • Un scintillement très rapide qui indique que le raccordement à la sonde n'est pas établi.

4 - 3 - Partie Hard

Le circuit est réalisé à partir d'une carte Arduino NANO.

Cette carte, qui est l'une des plus compacte du "monde Arduino", a l'avantage d'être munie d'une prise USB de programmation, et elle est amplement assez puissante pour ce type d'application.

4 - 3 - 1 - Schéma

4 - 3 - 2 - Alimentation

Les données à prendre en compte sont les suivantes :

  • La carte Arduino doit être alimentée entre 7 et 12 V.
  • La tension batterie de la voiture peut aller de 11,5 V à presque 15V.
  • La consommation d'une carte NANO est de 20 mA, pas chargée,
    nous prendrons 50 mA avec l'alimentation de la LED.

Le circuit d'alimentation est réalisé par les composants D1, D2, C1.

  • D1 (1N400x) permet de conserver la charge de C1 pour de brèves chutes de tension.

De plus D1 engendre une chute de tension d'environ 0,7 V

  • D2 est une diode Zéner de 3,3 V ; 0,5 W. Elle diminue de sa valeur nominale la tension appliquée sur la carte Nano .

Aux valeurs extrêmes de tension de la batterie de la voiture (Ve), on a pour Vin de la carte Nano :

  • Pour Ve = 11,5 V Vin = 11,5 - 0,7 - 3,3 = 7,5 V (la carte Nano est parfaitement alimentée).

  • Pour Ve = 15 V Vin = 15 - 0,7 - 3,3 = 11 V (ce qui est < aux 12 V maximum acceptés)

En prenant un condensateur "réservoir" de 10 µF, pour un courant maximal de 50 mA débité, et pour une chute de tension maximale de 3 V, le temps de maintien de l'alimentation sera de :

C1 = I . (Δt / ΔU) => Δt = C1.ΔU / I = 10 E-6 . 3 / 50 E-3 = 0,6 ms

ce qui est une protection contre les microcoupures et les transitoires négatifs.

=> C1 = 10 µF ; 50 V (chimique polarisé)

Les puissances dissipées dans les composants sont inférieures aux puissances maximales admissibles :

  • P(D1) = 0,7 V . 50 mA = 35 mW

  • P(D2) = 3.3 V . 50 mA = 165 mW

4 - 3 - 3 - Interfaçage de la sonde

Les entrées E1 et E2 sont repiquées sur les 2 fils de la sonde thermique.

On sait par mesure que la sonde est alimentée en 5V, mais on ne sait pas si un fil est connecté directement à un point froid. Le mieux est donc de faire une mesure différentielle, qui de plus permet de ne pas se soucier de la polarité de E1 et E2 (on prendra la valeur absolue de la différence).

Chaque entrée est donc traitée par un pont de résistance (R1 R4, et R2 R5) avant d'attaquer 2 entrées Analogiques de la carte Arduino.

Les résistances de tête R1 et R2 de 4,7 kΩ, montées en pont diviseur avec les résistances R4 et R5 de 680 KΩ donnent une bonne impédance d'entrée pour ne pas perturber la lecture du calculateur, tout en ne faisant pas trop chuter les tensions en E1 et E2.

En prenant pour hypothèses une résistance de sonde maximale de 500 Ω et une résistance maximale de 1 kΩ dans le calculateur, la résistance du générateur équivalent peut être évaluée à 340 Ω (valeur maximale).

Les résultats des calculs sont selon ces hypothèses les suivants :

L'impédance vue entre les entrées E1 et E2 est de : 2 x 4,7 kΩ + 2 x 680 kΩ = 1,37 M****Ω environ, ce qui ne perturbe pas la lecture faite par l'ECM.

Le condensateur céramique C2 de 470 nF stabilise la tension différentielle vis à vis des parasites.

Comme il est en série avec les résistances R1 et R2 de 4,7 kΩ, la fréquence de coupure à -3 dB est d'environ :

Fc = 1/2πRC => Fc = 33,8 Hz

4 - 3 - 4 - Polarisation de la LED

En prenant un courant maximal de 30 mA, on a :

R3 = (5V - 1,8V) / 30 mA (1,8 V = chute de tension d'une LED rouge)

=> R3 = 106 Ω (soit 120 Ω en valeur normalisée)

Puissance dissipée dans R3 (P= U^2/R) :

P(R3) = (5 - 1,8)^2 / 120 = 85 mW

On prendra donc :

R3 = 120 (>= à 1/8W)

La luminosité de cette LED pourra être diminuée par soft, car le logiciel comporte une constante paramétrable (LUMINOSITE) qui est le rapport cyclique du signal PWM qui génère le courant dans la LED.

4 - 4 - Logiciel

Ce logiciel a été élaboré par un amateur (votre serviteur), novice en informatique, qui utilise le langage Arduino depuis peu de temps. C'est surement pour cette raison que je me suis efforcé de documenter le plus possible ce logiciel peu complexe.

En plus de son utilité, ce projet peut donc avoir un côté didactique pour les bricoleurs peu familiarisés avec la programmation.

4 - 4 - 1 - Principales tâches réalisées par ce logiciel

Les tâches principales réalisées dans la "loop" (boucle) du "sketch" (logiciel dans le vocable Arduino), sont dans l'ordre les suivantes :

  • Lecture de la tension aux bornes de la sonde à chaque passage de boucle.

  • Calcul de la moyenne de ces lectures sur "NOMBRE" échantillons, et mémorisation dans la variable "MESURE".

  • Comparaison de MESURE aux différents seuils paramétrés :

. MESURE < = S_ANO : Anomalie de branchement de la sonde, clignotement spécifique.

. S_ANO < MESURE < S_BAS : Pas de régénération, LED éteinte.

. S_BAS <= MESURE <= S_HAUT : Régénération en phase transitoire (montée ou descente de température) => LED clignotante en fonction de la température.

. S_HAUT < MESURE : Régénération pleinement établie => LED allumée en permanence.

4 - 4 - 2 - Structure générale du logiciel

Partie déroulée une seule fois

Dans la tout début du programme on trouve la déclaration des Entrées, des Sorties, et des Variables Globales.

Ensuite on trouve la fonction « void setup () », où :

  • Les brochers utilisées sont effectivement déclarées comme Entrées ou Sorties.

  • On trouve le test visuel initial de la LED à la mise sous tension (un clignotement rapide).

  • La transformation des constantes paramétriques (SEUIL_ANOMALIE, SEUIL_BAS, SEUIL_HAUT), initialement exprimées en Volts, en valeurs échantillonnées (0 à 1023).

  • Enfin, on y trouve le calcul de la constante A de la fonction de transfert, en fonction des 2 seuils, des fréquences qui leur sont associées, et de la puissance choisie pour le polynôme.

Boucle déroulée sans fin : « void loop () »

Les fonctions suivantes sont exécutées à chaque parcours de boucle :

  • Mesures et calcul de la moyenne glissante (variable MESURE).

  • Comparaison du signal MESURE aux différents seuils, et décisions prises selon la logique décrite au paragraphe 3-2-1

  • Partie facultative pour la mise au point et le dépannage :

La LED D13, intégrée sur la carte, est programmée pour s'allumer en changeant d'état à chaque mesure quand la LED de visualisation est éteinte. Dans cette plage la fréquence de clignotement de D13 est donc deux fois moins élevée que la fréquence des lectures ; quand la LED D13 reste éteinte c'est qu'on est au dessus du seuil bas (S_BAS).

En phase de débogage on peut activer la console avec les instructions mises en commentaire en début du "setup", et en rendant actives la lecture des variables souhaitées, en fin de fonction "loop".

Il faut cependant avoir conscience que cet "espionnage" des variables ralentit énormément le temps de parcours de la boucle (ici attention au calcul de MESURE !), et il faut neutraliser cette liaison série dans la version définitive du logiciel.

4 - 4 - 3 - Sous-programmes (Fonctions)

Ce logiciel comporte 3 sous-programmes (appelés "Fonctions" en langage Arduino).

Fonction CALCUL_MESURE()

Cette fonction est chargée de lire les tensions sur les 2 fils repiqués sur la sonde.

Comme cette lecture se fait en mode différentiel, on soustrait les 2 valeurs lues, et on prend la valeur absolue de cette différence pour ne pas avoir besoin de tenir compte de la polarité du branchement.

Le calcul de la moyenne est classique : sommation des lectures et division par le nombre de lectures.

Le nombre des lectures prises en compte est paramétrable, si ce nombre est élevé le filtrage numérique est meilleur, mais la réactivité est dégradée (environ 50 ms pour 100 lectures).

Avec une sonde de type CTP la tension mesurée croit avec la température, s'il s'agit d'une CTN, on prend la tension échantillonnée complémentaire à 1023 (convertisseur 10 bits).

La fonction appelée depuis "loop", renvoie la valeur de RESULTAT.

Fonction CALCUL_T0()

Cette fonction calcule le temps qui sépare chaque impulsion lumineuse de la LED quand on est dans la plage de régénération comprise entre les 2 seuils.

Comme on l'a vu précédemment la fonction de transfert qui permet de calculer la fréquence (F) de clignotement, en fonction de la tension (V) mesurée doit favoriser la différentiation de la fréquence aux températures élevées, ce qui revient, pour un ΔV identique, à avoir un ΔF supérieur aux tensions élevées (proches du seuil haut).

Pour ce faire il faut choisir une fonction polynomiale, qui s'éloignera d'autant plus d'une fonction linéaire que son degré sera élevé.

Quel que soit le degré de cette fonction, la courbe qui en résulte devra passer par les 2 points de seuils qui ont les coordonnées suivantes :

(S_BAS ; F_BASSE) et (S_HAUT ; F_HAUTE)

En tenant compte de cette contrainte, la fonction est de la forme :

FREQ = A * (MESURE - S_BAS)^PUISS + F_HAUTE

avec :

A = (F_HAUTE - F_BASSE) / (S_HAUT - S_BAS)^PUISS

où :

. MESURE : Tension mesurée aux bornes de la sonde

. FREQ : Fréquence calculée pour une valeur de MESURE donnée

. S_BAS : Tension de début de régénération

. S_HAUT : Tension maximale de régénération

. F_BASSE : Fréquence de clignotement au "S_BAS"

. F_HAUTE : Fréquence de clignotement au "S_HAUT"

. PUISS : Degré de la fonction polynomiale

La valeur renvoyée au programme principal est la valeur de la variable locale RESULTAT, c'est la période qui correspond à FREQ (en ms) :

RESULTAT = 1000 / FREQ

Fonction CLIGNOTEMENT

La fonction CLIGNOTEMENT est du type "void" car elle ne revoie pas de résultat au programme principal "loop".

Elle pilote le clignotement de la LED suivant les indications de l'instruction appelante, qui les transmet les 2 valeurs "CLIGNO_0" et "CLIGNO_1", qui sont les durées (en ms) d'extinction et d'allumage de la LED, pour une période de clignotement.

Les variables globales CLIGNO et TOP_CLIGNO donnent respectivement l'état de la LED et "l'heure" du dernier changement d'état.

Ces 2 variables sont globales pour que leurs valeurs soit mémorisées en permanence (et pas perdues à chaque sortie de cette fonction).

La LED est alimentée par la sortie D3 (pin 6), qui est pilotée en PWM (Pulse Wide Modulation) qui est une fréquence de 490 Hz, dont le rapport cyclique est variable.

La constante paramétrique LUMINOSITE permet de moduler le courant, et donc la luminosité de la LED.

4 - 4 - 4 - Paramètres réglables

Ce logiciel a été conçu pour être facilement paramétrable, afin de pouvoir s'adapter à chaque particulier.

Par exemple sur le Vitara il y a 3 sondes de température branchées sur le FAP, qui n'ont pas mêmes plages de températures de régénération. Si on veut se brancher en dérivation sur une autre sonde il faudra changer les seuils.

Si on veut adapter ce montage à un véhicule qui possède des sondes de type CTN, c'est possible en changeant simplement la valeur d'une constante.

La seule contrainte est que la sonde doit être alimentée en 5 V. Si ce n'est pas le cas il faudra modifier les interfaces d'entrée.

Les constantes paramétrables sont indiquées par une astérisque, ce sont principalement :

  • Le type de sonde, CTP ou CTN.

  • Les seuils bas et haut de début et de pleine régénération, et le seuil d'anomalie de branchement de la sonde.

  • Le nombre d'échantillons pour le calcul des moyennes.

Ensuite on trouve des paramètres de visualisation :

  • Les fréquences de clignotement aux seuils bas et haut.

  • Le paramètre PUISS qui modifie la courbe de transfert entre la tension mesurée et la fréquence de clignotement.

  • La luminosité de la LED.

Enfin, on peut facilement modifier des paramètres moins importants, comme la durée des impulsions lumineuses, le clignotement d'anomalie, ...

4 - 4 - 5 - Code Arduino

Le fichier du code est ici.

Ce logiciel, qui est amplement commenté, pourra facilement être modifié pour s'adapter à des besoins un peu différents.

Il peut aussi revêtir un aspect didactique pour des novices du monde Arduino ...

4 - 5 - Réalisation et câblage

4 - 5 - 1 - Circuit imprimé

Un circuit imprimé a été développé pour ce module avec le logiciel de CAO de chez EasyEDA, qui propose également la fabrication à des prix très abordables

4 - 5 - 2 - Circuit câblé

  • Avant assemblage

(les fils du connecteur sont repérés)

  • Après assemblage

Le circuit peut être logé dans un gros tube d'Aspirine !

4 - 5 - 3 - Validation

Le processus de validation a été le suivant :

  • De mon côté je validais d'abord les logiciels grâce à une "maquette sur table".

  • Puis les logiciels étaient envoyés à Rolly6 pour les essais en conditions réelles, sur sa voiture.

De nombreux aller-et-retour ont été nécessaires, le logiciel actuel étant en Version 17.1 !

( Publication Juillet 2021)
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le forum général ne semble pas le bon endroit, déplacé dans les projets finis
Merci du partage

Bonjour
Merci d'avoir déplacé mes articles, je crois que je n'ai pas bien compris l'organisation du forum ...Cordialement.
BG

en gros (pour la partie francophone)

  • les questions vont dans le forum principal (sans nom)
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  • les projets finis dans la section projets finis
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    :wink: